Bonne ânée

 

Triste académie

Qui supprime un mot

Et devient ennemie,

Nous prenant pour des sots !

 

Pour les âmes damnées

Un terme affreux probablement ?

Non point !... c’est le mot « ânée »

Qui n’était plus dans le vent !...

 

Eh bien, messieurs, vous allez nous dire :

Quand l’homme aura tout gaspillé,

Saccagé, pollué, attendez-vous au pire

Si vous n’avez pas protégé

 

Le compagnon indispensable,

L’animal ô courageux,

Aimé des jeunes et des vieux :

Le petit âne admirable…

 

Quand l’homme n’aura plus

(et n’en menant pas large !)

Que ses seuls bras d’arthrose perclus,

Qui portera les charges ?

 

D’aucuns le disent têtu…

Ses raisons ne sont pas les nôtres !

Dans l’effort il est bien plus

Sachez-le messieurs les bons apôtres !

 

Les enfants ne s’y trompent pas,

Savent l’aimer et le comprendre ;

La vérité n’est-elle pas là ?

C’est la jeunesse qu’il faut entendre !

 

Et si un jour (bien qu’on le dise revêche)

Il eu sa place dans la crèche

Ne fut-ce pas un honneur ?

Allons, messieurs, un peu de cœur !

 

L’instituteur, jadis, qui me condamne

Je m’en souviens, c’était hier…

En me mettant le bonnet d’âne

Ignore qu’à présent j’en suis fier !

 

Y. Dessoliers

Décembre 2009